Mini-moto devenue maxi-bolide
Mini-moto devenue maxi-bolide
Date de publication : 25.08.2025
Quand la mini-moto de la pédiatrie a été volée début juin, l’émotion a vite laissé place à un élan inattendu de solidarité. Un donateur a offert une petite voiture électrique télécommandée pour la remplacer.
Au département de pédiatrie du RHNe, les enfants ne vont pas toujours au bloc opératoire en brancard. Parfois, ils partent en kart, en mini-moto ou en voiture électrique. Ces véhicules ludiques aident à transformer un moment stressant en aventure unique. Quand la mini-moto a été volée début juin, l’émotion a vite laissé place à un élan inattendu de solidarité.
« Ces véhicules ne sont pas des jouets, mais de véritables outils thérapeutiques », explique Elise Messinger, infirmière référente de secteur au sein du département de pédiatrie du RHNe. Le principe est simple : plutôt que d’être allongé sur un lit, l’enfant devient acteur de son trajet vers le bloc opératoire. Avec l’aide des soignant-e-s – et parfois des Docteur-e-s Rêves de la fondation Theodora – tout un scénario est imaginé : une course sur un bolide, une mission spéciale, une aventure qui se poursuit à quelques minutes de son intervention chirurgicale : « L’enfant se sent héros de son histoire. Cela dédramatise énormément le passage au bloc », souligne Elise Messinger.
Début juin, cette approche a pourtant été brutalement interrompue. Alors qu’un enfant attendait sa sortie en mini-moto, le véhicule avait disparu. « Nous avons tout vérifié : bloc opératoire, bureaux, autres services, … rien. Nous avions également interrogé le service de sécurité mais ne connaissant pas la date exacte du vol, nous n’avons pas pu visionner les vidéos de surveillance. J’avais moi-même choisi et acheté cette moto, alors j’ai ressenti ce vol comme une vraie perte », confie l’infirmière.
Malgré des recherches internes et une communication auprès du personnel, la moto restait introuvable. Le 8 juillet, un appel à témoin a été publié sur la page Facebook du RHNe. La réaction a dépassé toutes les attentes : plus de 2000 partages, des articles dans 24 heures, 20 minutes et La Tribune de Genève, et des messages de soutien à foison. « Une dizaine de personnes nous ont même proposé d’offrir une nouvelle moto. Nous avons dû refuser, par souci d’équité et de déontologie, mais nous étions très touchés par cette mobilisation », raconte Elise Messinger.
Finalement, un geste spontané a marqué la fin de cette histoire : une personne a envoyé, de son propre chef, un nouveau véhicule. « Nous avons reçu une petite voiture électrique télécommandée. Elle peut être conduite par un soignant ou un parent, ce qui nous permet de gérer la sécurité et la batterie tout en gardant la magie du trajet », précise l’infirmière.
Avec cette nouvelle arrivée, les enfants continuent de vivre leur transfert comme une aventure et non comme une contrainte médicale. « Nous avons été étonnés et touchés de voir combien les gens étaient sensibles à ce qui nous est arrivé. Cet élan de solidarité nous a vraiment réconfortés », conclut Elise Messinger.