Mieux comprendre l’hôpital pour mieux décider

Date de publication : 28.04.2026

Par Léonard Blatti, directeur des finances et directeur du Centre des services transversaux (CST)

À cette période de l’année, marquée par le bouclement de la comptabilité analytique, les établissements hospitaliers sont invités à porter un regard rétrospectif sur leur activité et l’utilisation de leurs ressources. Cet exercice, parfois perçu comme technique ou contraignant, constitue en réalité un moment important pour mieux comprendre le fonctionnement de l’hôpital et nourrir la réflexion stratégique.

La raison d’être de l’hôpital est, par nature, de soigner, d’assurer à tous ses patient-e-s un accès équitable à des soins de qualité. Il incarne aussi la solidarité collective, la continuité des soins 24h/24, 365 jours par an. C’est aussi une organisation d’une grande complexité, avec des activités médicales, soignantes, logistiques et administratives, chacune avec ses propres dynamiques, ses coûts et ses impératifs. Cette variété, qui fait la force du système hospitalier, rend cependant difficile toute lecture globale et intuitive de sa performance économique. C’est précisément ici qu’intervient la comptabilité analytique : elle propose une modélisation simplifiée de cette complexité.

En décomposant l’activité hospitalière en centres de coûts, en centres de profit ou en parcours patient-e-s, la comptabilité analytique permet de rendre lisibles des réalités autrement diffuses. Elle ne prétend pas refléter parfaitement chaque interaction ou chaque nuance de l’organisation, mais elle offre une représentation structurée, cohérente et exploitable. Cette simplification n’est pas une faiblesse. Simplifier permet de mieux comprendre et mieux comprendre permet de mieux décider.

Grâce à cet outil, nous pouvons davantage appréhender la répartition des ressources, identifier les activités les plus consommatrices et évaluer l’efficience des services. Il est toutefois essentiel de rappeler que la comptabilité analytique ne délivre pas des vérités absolues. Elle produit des indicateurs, des ordres de grandeur, des tendances, des éclairages. Son rôle n’est pas de dicter la décision, mais de l’éclairer. Dans un environnement où les considérations médicales, éthiques et humaines sont centrales, elle vient compléter, et non remplacer, le jugement des professionnel-le-s.

La comptabilité analytique du RHNe vise ainsi à représenter au mieux, mais de manière simplifiée, la complexité d’une organisation composée d’une dizaine de départements médico-soignants et de dizaines de services et autres centres de compétences pluridisciplinaires ou d’un mélange d’activités ambulatoires et stationnaires. Elle implique le traitement de plus de 300'000 imputations analytiques de factures, de la répartition de nos plus de 3000 collaborateur-trice-s dans près de 400 centres de charges ainsi que de 1000 étapes de répartition. 

Si cette comptabilité analytique ne pourra jamais être parfaite, elle a connu une étape importante en 2025 avec les travaux réalisés dans le cadre de la mise en place des centres de profit et les bouclements trimestriels effectués. La comptabilité analytique 2025 sera donc un outil supplémentaire d’aide à la décision qui sera évalué avec la précieuse collaboration des médico-soignant-e-s. En effet, la comptabilité analytique ne se limite pas à un exercice technique réservé aux spécialistes de la finance, mais elle doit être envisagée comme un langage commun entre gestionnaires et médico-soignant-e-s, un outil de dialogue et de pilotage.