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Bilan par direction

2025 en bref

Chiffres clés

Édito

Vous êtes là, toujours

Trente-cinq ans, c’est une carrière… et, à bien y regarder, plusieurs époques superposées. Lorsque j’ai commencé, le fax faisait figure de modernité, le dossier patient-e (comme celui du personnel) se feuilletait à la main - parfois avec une écriture aussi illisible que la mienne - et l’on parlait plus volontiers de vocation que d’indicateurs. Nous avions moins d’outils, mais la conviction déjà chevillée au corps que soigner relevait autant de la science que de la présence.

Puis le temps s’est accéléré. Les écrans ont remplacé les chemises cartonnées, les données se sont multipliées, les décisions se sont affinées, souvent complexifiées; la pression financière s’est accentuée. L’hôpital est devenu plus technique, plus précis, plus exigeant aussi. On mesure, on compare, on optimise, et c’est souvent une chance (je dis bien souvent). 

Et puis il y a eu le web, et avec lui les réseaux sociaux. L’information médicale n’est plus seulement transmise, elle circule, se commente, se conteste parfois en temps réel. Les patient-e-s arrivent mieux informé-e-s ou persuadé-e-s de l’être, les institutions et les professionnel-le-s sont observé-e-s, questionné-e-s, exposé-e-s. Cette transparence nouvelle bouscule, oblige à expliquer davantage, à dialoguer autrement. Elle peut fragiliser, parfois, mais elle nous rappelle aussi à une exigence fondamentale: être compréhensibles, accessibles et dignes de la confiance que l’on nous accorde.

Au milieu de cette sophistication croissante, quelque chose, en revanche, n’a pas bougé d’un iota: ce moment où un regard en rencontre un autre, où une main se pose, où le soin est donné, profondément humain.

J’ai vu des murs tomber et d’autres se construire, des organisations se réinventer à l’infini (à en avoir le tournis), des métiers apparaître et d’autres s’éteindre. J’ai vu des équipes se transformer, se questionner, douter parfois, et pourtant avancer, toujours. Car ce qui me frappe, après toutes ces années, c’est la constance de votre engagement. Celui des soignant-e-s, bien sûr, mais aussi de vous toutes et tous qui, dans l’ombre ou la lumière, faites vivre l’hôpital.

Il m’arrive de sourire en pensant à mes débuts, un peu moins numériques et sans doute un peu plus sereins. Mais je regarde surtout le chemin parcouru avec une invariable gratitude. Si l’hôpital a changé de visage, il n’a pas changé d’âme (puisse-t-il la conserver longtemps). 

Car vous êtes là, toujours. 

Après 35 ans, je ne suis toujours pas certaine d’avoir tout compris, mais je sais, avec une tranquille évidence, pourquoi (et pour qui) je suis restée.

L’édition du rapport d’activité 2025 est pour moi l’occasion de vous adresser mon plus sincère merci, ainsi que celui du Collège des directions !

Par Muriel Desaulles, présidente du Collège de direction (jusqu'en octobre 2025) et directrice du site de Pourtalès

Regards croisés

Par Philippe Eckert (en haut) et Pascal Braichet

« La priorité est d’offrir des prestations ambulatoires dans toutes les régions du canton »

Entré en fonction le 1er octobre 2025, le directeur du site de La Chaux-de-Fonds et président du Collège des directions (depuis novembre 2025) Pascal Braichet a connu un début de mandat chargé, avec notamment la finalisation des options stratégiques 2026-2030. Regards croisés avec le Prof. Philippe Eckert, président du Conseil d’administration.

Philippe Eckert: Cette année a été marquée par l’aboutissement d’un certain nombre de travaux. On a notamment finalisé et remis au Conseil d’État en décembre 2025 nos options stratégiques 2026-2030 et perspectives 2040. Elles doivent encore être validées par l’autorité politique. Je citerais deux autres projets structurants menés en fin d’année 2025: la reprise des activités du Groupe Santé Volta (GSV) sous le nom de Réso.ne, société fille du RHNe; on a également bien avancé avec le projet de centre ambulatoire à Monruz en signant une lettre d’intention fixant notre collaboration et la location de locaux à la fondation Admed. 

Je souligne également un changement important au sein du Collège des directions, avec le départ de Claire Charmet, entrée en fonction comme directrice générale du CHUV le 1er juin 2025. Elle a accompli un immense travail au sein du RHNe dans ses fonctions de directrice du site de La Chaux-de-Fonds et de présidente du Collège des directions. Je la remercie chaleureusement pour cela. Le Conseil d’administration a choisi Pascal Braichet pour lui succéder. Nous avons eu le plaisir de l’accueillir dès le 1er octobre, dans une période particulièrement chargée. 

Pascal Braichet : Oui, je n’ai pas eu de période d’observation, j’ai tout de suite été dans l’action, ce qui me convient très bien. J’ai été très bien accueilli par mes collègues du Collège des directions, par les membres du Conseil d’administration, mais aussi par toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs. J’ai repris la présidence du Collège des directions le 1er novembre, après un mois de transition effectué avec Muriel Desaulles. Avec la publication des options stratégiques, la relance du projet Monruz et la mise en place de Réso.ne, j’ai immédiatement été dans le bain. 

 

Philippe Eckert: L’objectif prioritaire est de renforcer le maillage territorial du domaine ambulatoire, avec des prestations décentralisées dans toutes les régions du canton. L’idée est de compléter les deux pôles urbains: le premier existe déjà à La Chaux-de-Fonds, et est organisé entre le centre médical de Réso.ne (ex-clinique Volta) et l’hôpital, où est regroupé l’ensemble de la chirurgie ambulatoire. À Neuchâtel, le Centre médical de Réso.ne situé aux Cadolles est déjà opérationnel. Il sera complété dès 2028 par le centre de Monruz, qui regroupera des prestations ambulatoires dispensées aujourd’hui sur le site hospitalier de Pourtalès. 

Le but de cette réorganisation est de proposer à la population neuchâteloise des prestations de médecine de premier recours de proximité : urgences ambulatoires, médecine interne générale, gynécologie, pédiatrie et psychiatrie, en partenariat avec le CNP. À terme, nous mettrons également en place des consultations spécialisées.  Nous allons également poursuivre le virage ambulatoire dans le domaine chirurgical et interventionnel, ce qui va renforcer le site de La Chaux-de-Fonds. De manière générale, l’objectif est d’améliorer l’efficience des structures actuelles en séparant l’ambulatoire du stationnaire. 

Un autre aspect de notre stratégie 2026-2030 est de réorganiser la médecine de seniors, avec le développement de prestations nouvelles pour les patients très âgés avec des soins aigus et de transition en partenariat avec AROSS. Nous souhaitons aussi rapprocher géographiquement la gériatrie aiguë et la réadaptation gériatrique. 

Pascal Braichet: Comme je suis membre du conseil d’administration de Réso.ne, je soulignerais deux éléments clés concernant cette nouvelle société: la reprise de GSV a permis de maintenir des prestations médico-soignantes pour plus de 8000 patients et de préserver tous les emplois. Cela nous a donné quatre portes d’entrée pour les soins ambulatoires dans le canton. Si on avait dû construire un réseau ambulatoire en partant de zéro, cela aurait pris beaucoup plus de temps et d’énergie. Cela aurait aussi coûté plus d’argent. 

Pour le projet Monruz, nous avons nommé un nouveau chef de projet. Nous pourrons annoncer le plan d’occupation des locaux d’ici à la pause estivale. L’idée est de prendre possession des locaux entre août et décembre 2027 pour une mise en exploitation en 2028.

 

Philippe Eckert: L’objectif est de garantir un environnement de travail respectueux et sécuritaire pour toutes et tous, en phase avec les attentes du plus grand nombre. Dans cet esprit, nous avons lancé une campagne anti-harcèlement qui commence à porter ses fruits. C’est un défi central pour l’avenir des hôpitaux. Nous avons aussi proposé un programme d’accompagnement de nos cadres de proximité afin de leur donner les outils managériaux indispensables à la gestion de leurs équipes. 

Pascal Braichet: Sur le plan opérationnel, une des priorités est de renforcer les liens entre le département des ressources humaines et les directions métiers. Ce travail sera poursuivi avec le nouveau directeur RH, en cours de recrutement. Le RHNe doit absolument se profiler comme un employeur attractif. Cela ne passe pas uniquement par les aspects salariaux. La culture d’entreprise et l’ambiance de travail sont aussi des éléments clés pour attirer de nouveaux talents et fidéliser les collaborateurs actuels. À ce propos, la DRH et le service de communication travaillent de concert sur un projet de plateforme employeur, qui vise à recruter des talents dans les métiers où la pénurie est particulièrement marquée. 

 

Philippe Eckert: Comme je l’ai déjà dit, la séparation de l’ambulatoire et du stationnaire nous permettra d’améliorer notre efficience. Des flux dédiés sont des facteurs clés pour améliorer notre organisation et donc notre situation financière. Je précise à ce sujet que l’idée n’est en aucun cas de faire plus avec moins, mais de faire les choses différemment. 

Nous allons aussi revoir l’entier de notre catalogue de prestations, pour déterminer ce qui est absolument indispensable en fonction des volumes de patients. Une autre étape cruciale est la renégociation en cours de la CCT Santé 21. Tout en garantissant d’excellentes conditions à nos collaboratrices et collaborateurs, nous devons permettre une certaine souplesse dans l’organisation du travail. Pour contrôler nos charges, nous devons pouvoir adapter rapidement notre dispositif à l’activité. 

Pascal Braichet: Nous allons poursuivre les programmes institutionnels d’amélioration continue (reengineering) dans différents domaines comme l’ordonnancement pour tendre vers une gestion intégrale des capacités, la réadaptation ou les policliniques. Nous souhaitons aussi développer le programme d’excellence opérationnelle. Nous prenons aussi des mesures d’amélioration du résultat en lien avec les ressources humaines, sans impact sur l’activité. 

Un autre point important: nous avons fixé comme priorité de renforcer la relation avec nos partenaires, en particulier les médecins envoyeurs. C’est indispensable pour maintenir notre activité et développer l’attractivité de nos centres ambulatoires et de nos sites hospitaliers.

 

Philippe Eckert: On doit absolument accélérer le rythme de la numérisation. Les réseaux de soins intégrés prévus par la politique de santé neuchâteloise (POLSAN 25-30) exigent des systèmes de transfert d’information fluides et rapides, en assurant l’interopérabilité entre les différentes applications. La digitalisation est un facteur clé pour nous permettre de pallier en partie la pénurie de professionnels à laquelle on va être confronté ces prochaines années.  

On doit aussi réfléchir à l’intégration de l’intelligence artificielle dans le quotidien de nos collaboratrices et collaborateurs. Cela peut amener d’importants gains de temps dans certains domaines d’activité. 

Pascal Braichet: Nous allons initier une stratégie digitale 2026-2030 qui découle de la stratégie institutionnelle, avec une feuille de route des chantiers à mener en 2026 et 2027 dans ce domaine. Pour accélérer le processus, nous allons recruter très prochainement un directeur des systèmes d’information (DSI) propre au RHNe afin d’atteindre nos objectifs dans ce domaine. Nous devons aussi finaliser trois projets déjà en route: le système d’information des ressources humaines (SIRH), la mise en place de tableaux de bord et indicateurs-clés pour renforcer le pilotage institutionnel par les données et enfin l’accès ainsi que l’interconnectivité des données des patients hospitalisés (DPI) avec les partenaires du réseau. 

 

Résultat de l’exercice

Le résultat ordinaire des comptes 2025 du RHNe présente un déficit de 21,8 millions de francs sans prise en compte de l’impact financier découlant de la faillite du Groupe Santé Volta (GSV). Comme le budget tablait sur un déficit de 19,9 millions, l’écart entre les comptes et le budget s’élève à 1,9 million (+0,4% du budget global). Le résultat d’exercice s’élève à 26,9 millions, incluant l’impact financier lié à GSV et d’autres écritures hors période.

Si l’activité stationnaire a été importante en 2025, le mix de patient-e-s n’a pas été celui espéré pour le RHNe. L’activité aiguë et de réadaptation a été inférieure aux attentes alors que le nombre de journées de patient-e-s en attente de placement (lits C) a été plus important que prévu dans le budget. Cela a eu un impact négatif sur les recettes, les lits C étant moins rémunérés que le stationnaire aigu (300-500.- contre 2000.- par journée de soins), mais aussi sur les charges (+1,5 million de francs), le RHNe ayant dû agrandir son unité dédiée et n’ayant pas pu réduire son dispositif aigu comme prévu au budget. 

L’activité aiguë est restée assez stable par rapport à 2024. Le nombre de sorties en soins aigus a atteint 17'743 (-56 par rapport à 2024). Il y a également eu une baisse en réadaptation, avec 1415 sorties (-52). 

Les passages ambulatoires ont poursuivi leur croissance pour atteindre 379’861 (+2,2%). L’activité aux urgences adultes est restée très élevée, avec un nouveau record de 54'598 admissions, en hausse de 1%. Les naissances sont restées stables (1092, contre 1097 en 2024). 

Conseil d'administration

Les membres du Conseil d’administration sont désigné-e-s par le Conseil d’État.

Pr Philippe Eckert, président

Laurent Exquis, vice-président

Hughes Chantraine, administrateur

Rachel Christinat, administratrice

Patrick Erard, administrateur

Armin Kapetanovic, administrateur

Sonia Pellegrini, administratrice

Stefano Ponta, administrateur

Pr Hans-Beat Ris, administrateur

Collège des directions

Pascal Braichet

Directeur du site de La Chaux-de-Fonds

Muriel Desaulles

Directrice du site de Pourtalès

Léonard Blatti

Directeur du département des finances et du centre des services transversaux

Sandra Jeanneret

Directrice du département des soins

Jérôme Kübler 

Directeur du département de la logistique

Dre Emilie Nicodème-Paulin

Codirectrice du département médical

Olivier Plachta

Codirecteur du département médical

Pascal Schmitt

Directeur adjoint du département des soins

Gérald Brandt

Directeur RH

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19/05/25
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