Robin Cuche au sommet du ski paralympique !

Date de publication : 25.03.2026


 

Double champion paralympique à Milan-Cortina en descente et en super-G, le skieur neuchâtelois Robin Cuche a également décroché l’argent en géant et le bronze en slalom, signant des Jeux mémorables. Ces performances récompensent un travail de longue haleine, mené sur les pistes comme en salle, notamment avec le Centre de médecine du sport du RHNe, où il prépare sa condition physique aux côtés du physiologiste de l’effort Jeremy Barfuss.

Quand il franchit les portes du Centre de médecine du sport du RHNe, entre deux déplacements sur le circuit international, Robin Cuche vient s’entraîner et peaufiner ces détails qui font la différence au plus haut niveau. Engagé sur les cinq disciplines du programme paralympique, le skieur neuchâtelois de 27 ans travaille depuis trois saisons avec Jeremy Barfuss. Ensemble, ils construisent une préparation physique qui s’étale sur toute l’année et s’adapte au rythme intense du ski de compétition. 


Le physiologiste de l'effort, Jeremy Barfuss.

« Il y a une grosse phase de travail au Centre avant l’été pour construire les bases, puis je le vois moins puisqu’il s’entraîne sur les glaciers entre août et septembre. Notre préparation physique reprend ensuite dès le mois d’octobre, explique Jeremy Barfuss. Pendant la saison hivernale, l’objectif est surtout de maintenir ce qui a été construit et d’ajuster en fonction de l’état de fatigue et des déplacements. » Lors des périodes les plus intensives, l’entraînement s’articule autour de deux à trois séances hebdomadaires au Centre, complétées par des séances en salle de fitness et en endurance, organisées à distance. Au programme : travail de force, coordination, explosivité et puissance – des qualités essentielles pour un skieur alpin. 

Quelques semaines avant les Jeux de Milan-Cortina, une fenêtre de préparation de deux semaines et demi au RHNe a permis de remettre de l’intensité dans l’entraînement après une saison particulièrement longue. « L’idée était de redonner des repères au corps et d’éviter qu’il se mette en mode repos avant l’échéance », précise le physiologiste.

Un entraînement adapté, mais exigeant

Robin Cuche est né avec une hémiplégie du côté droit. Une particularité qui influence sa technique, sans modifier fondamentalement la philosophie de l’entraînement. « Globalement, le cadre est le même que pour n’importe quel athlète. Les différences se font surtout dans les exercices : on met davantage l’accent sur le travail unilatéral, l’agilité ou la coordination », explique Jeremy Barfuss. 

Le skieur de Saules connaît parfaitement les contraintes de son corps. Sur les lattes, chaque virage demande des ajustements permanents. « Mon handicap m’embête surtout lorsque je dévale les pistes, ce qui est un peu le comble pour un skieur de haut niveau. Quand je prends un virage à droite, j’ai la jambe qui tremble, et à gauche la hanche bloque un peu. Je ne peux pas me reposer sur l’un ou l’autre côté, les deux sont compliqués », explique-t-il. Avec les années, la connaissance de ses limites est devenue une force. « Sur les pistes, je sais quelles lignes je maîtrise et lesquelles me posent davantage de difficultés. Dans certains passages, je garde un peu plus de marge et je compense sur la fin en accélérant au maximum. »

Construire la confiance

Au-delà de la préparation physique, le travail autour de la confiance joue aussi un rôle important. En raison de son handicap, Robin Cuche a parfois tendance à sous-estimer ses capacités. « Je lui répète souvent qu’il a de la force et qu’il peut s’appuyer sur sa jambe droite », explique Jeremy Barfuss. Le travail en salle permet ainsi de renforcer non seulement les qualités physiques, mais aussi la confiance dans les gestes et les appuis. 

« Des fois, il faudrait que j’ose un peu plus », reconnaît le skieur. Une dimension particulièrement importante à l’approche des Jeux, où la préparation mentale peut faire toute la différence. « Dans une telle compétition, il faut arriver prêt dans la tête et se lancer », souligne Robin Cuche. « On voit souvent des athlètes qui dominent toute la saison mais passent à côté le jour J. Cela vaut pour tous les sportifs, qu’ils souffrent de handicap ou non. »

Une détermination qui force le respect

Au-delà des aspects techniques, ce qui marque le plus son préparateur physique est l’engagement de l’athlète : « Son implication est totale. Il met en place beaucoup de choses pour progresser et atteindre ses objectifs. » Cette détermination s’est construite au fil des années. « Quand j’étais petit, je n’arrivais pas à sauter sur une jambe, se souvient le skieur. Ça a demandé du temps. Mais aujourd’hui, sauter de 20 à 30 centimètres de hauteur et atterrir sur une jambe ne me pose plus de problème. » Pour Jeremy Barfuss, accompagner un athlète paralympique de ce niveau est aussi une expérience humaine forte. « Quand on voit les efforts qu’il fournit et les moyens qu’il met en place, ça force le respect, d’autant plus dans un sport paralympique qui manque encore de reconnaissance. »